[« Tif et Tondu » – 75 ans] Dossier

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Tif et Tondu, une série phare du journal Spirou

De même que Blake et Mortimer ou Astérix ont vu le jour en même temps que leurs périodiques (Tintin, Pilote), Tif et Tondu sont apparus dans le premier numéro de Spirou, sous le crayon de Ferdinand Dineur.

Comment alors envisager de se défaire de ces héros pour maintenir le niveau du journal ? Tout simplement en conservant le binôme et en passant le relais à de nouveaux talents.

C’est ainsi que Will les dessine pour la première fois le 20 juillet 1949. Le style graphique évoluera progressivement, au fil du temps la série prendra définitivement ses marques. De temps en temps, des couvertures annonces seront réalisées. Will séduit rapidement ; au scénario, se succéderont respectivement Rosy, Tillieux puis Desberg.

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Tout comme Buck Danny, Les Tuniques Bleues, Boule et Bill, Johan et Pirlouit ou Gaston, Tif et Tondu devient une série incontournable du journal et pour tout bédéphile amateur de BD belge.

Mais les bonnes choses ont une fin, en réalisant La Tentation du Bien, Will éprouve de plus en plus une lassitude palpable. Il passe la plume dans la dernière case en sous-entendant le titre de sa prochaine œuvre destinée à un public adulte.

« Je crois qu’il est temps pour nous de cultiver notre jardin » fait effectivement référence au Jardin des désirs. Le récapitulatif de ce qu’ont vécu nos deux compères pages 43 et 44 laisse penser qu’ils aspirent réellement à une retraite largement méritée.

Ce qui ne sera pas le cas. On ne peut pas se permettre d’abandonner deux piliers du périodique ! Denis Lapière et Alain Sikorski prendront le relais. D’abord avec des récits courts, puis avec des récits de 44 pages.

Mais le déclin existait déjà avec la reprise de Desberg, bien que moins apparent. De par le changement graphique et scénaristique qu’effectuent le nouveau tandem, le succès n’est plus au rendez-vous. En 1997, la série est interrompue (temporairement ?). Le Mystère de la Chambre 43 est le dernier album paru.

Un long chapitre du journal s’achève. On ne pense plus à un éventuel retour, cette fois. C’est sans compter le fait que les héros de papier, même s’ils ne s’activent plus, restent immortels. Que l’univers mis en place par Will et ses personnages continuent de faire rêver nombre de dessinateurs.

C’est ainsi que deux tomes consacrés à Choc, le méchant emblématique de la série, voient le jour. Ils sont dessinés par Eric Maltaite, le scénario est plus sombre. Le premier tome est actuellement diffusé dans le journal.

Cette parution laisse entrevoir des possibilités de reprise mais rien n’est certain pour le moment.

Des artistes de renom et leurs apports à la série

C’est au moment de la reprise par Will que la série connaît un second souffle, une renaissance.

Will, qui aimait dessiner de belles femmes, féminisera la série en créant le personnage de la Comtesse Amélie d’Yeu, dite Kiki. Ravissante blonde sensuelle, elle se lie d’amitié avec nos héros et participe à leurs aventures (surtout dans l’ère Tillieux). D’autres femmes lui succéderont. Will est à ce titre, avec Roger Leloup et François Walthéry, l’un des rares auteurs à cette époque qui valorise les femmes.

On doit beaucoup à Rosy pour ses scénarios riches en action et en fantastique (La drôle de matière verte, Tif rebondit) ainsi que la création du mythique Mr Choc. Ce personnage rejoindra le « panthéon des vilains » tels que Zantafio, Olrik ou Rastapopoulos.

Tillieux ne sera pas en reste quand il prend la relève. En effet, le père de Félix et Gil Jourdan n’est pas un néophyte en matière de scénarii. Il manie parfaitement l’action, le drame, les énigmes policières et les faits réels tout en incorporant une bonne dose d’humour à ses scénarios. Cet humour, mis avec parcimonie, diffère fortement de celui de Franquin, Hergé ou Goscinny. Il est utilisé pour le début des histoires ou pour permettre au lecteur de reprendre son souffle après des pages particulièrement riches en action et enfin pour clôturer une histoire. Tillieux joue avec les calembours et les gestes. Il réalise des enquêtes en contournant le problème de la censure (pas de cadavres, de sang…) et donne des albums savoureux : Sorti des Abîmes en est un parfait exemple. Il utilise aussi le fantastique (Un plan démoniaque) et fait voyager nos héros : Londres, la Birmanie, New York… Il laisse une empreinte notoire dans l’histoire de la série.

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Desberg décide de concert avec Will de faire revenir Choc et le gang de la Main Blanche, imagine des aventures avec des automates (Magdalena).

Lapière pour sa part revient au scénario policier basique pour accentuer le changement et crée le personnage de Mona.

Enfin, Sikorski rompt lui aussi clairement avec « l’époque Will » en adoptant un style plus réaliste demandé par les éditeurs. Les premiers récits courts ressemblaient encore à ceux de son prédécesseur, par la suite dans Prise d’otage ou A feu et à sang le trait sera clairement reconnaissable et différent.

Biographie des artistes

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Maurice Rosy :

Né le 17 novembre 1927 à Fontaine-l’Évêque en Belgique, Maurice Rosy est décédé  le 23 février 2013, à l’âge de 85 ans.

Et de fait, son arrivée dans l’équipe du journal en 1954 – aux côtés de Yvan Delporte – provoque une ouverture graphique sans précédent, des rubriquages plus dynamiques et rigolos… Il souhaite mettre en valeur des séries de bande dessinée qui n’existaient pas auparavant.

Il fournira aussi à ses amis dessinateurs des scénarios, notamment à Will.

En 1955, dans le titre La Main Blanche, Choc voit le jour. Rosy deviendra un des scénaristes les plus emblématiques, portant ses personnages aux marges d’une science-fiction étonnamment poétique (La Main blanche, Le Retour de Choc, Passez Muscade, Plein Gaz, Le Grand Combat… 13 albums au total). Il voulait emmener la série vers des univers plus surprenants, mais le conservatisme de la maison Dupuis l’en empêche : « Choc est un personnage ambivalent, nous confiait-il, on pourrait le lancer dans des directions différentes. Du temps de Dupuis, cela aurait été une mauvaise surprise, il n’aimait pas que l’on change la fonction des personnages. »

Dommage, ce « Dark Vador » avant la lettre aurait pu faire un personnage éblouissant : « Il n’est pas si éloigné. Celui qui m’a contrarié beaucoup au niveau des idées, notamment pour Choc, c’est quand même Delporte : si je faisais téléphoner un gars dans une cave, il me disait : « Ah non, pas de téléphone ! » … J’aurais aimé que Tif et Tondu désarçonnent le lecteur, que celui-ci ne soit pas dans le confort. »


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Tillieux :

Maurice Tillieux, né le 7 août 1921 à Huy (Belgique) et mort le 2 février 1978 en France, était un dessinateur et scénariste belge francophone de bandes dessinées, principalement connu pour être l’auteur et le créateur des séries Gil Jourdan, Félix, César et comme créateur et scénariste des séries Marc Lebut et son voisin et Jess Long.

 À la fin des années 1960, il y a une pénurie de scénaristes chez Dupuis, à une époque où le journal Spirou présente de plus en plus de séries et où de plus en plus de dessinateurs, qui ont du mal à écrire leur propres histoires, travaillent pour le journal.

Il reprend aussi le scénario de certaines séries du journal Spirou comme Tif et Tondu, dessinée par Will. Il succédera sur cette série à Maurice Rosy qui a dû, pour des raisons personnelles, en abandonner le scénario. Maurice Tillieux, déjà débordé à cette époque, propose alors à Will, qui travaillait très régulièrement, de dessiner alternativement par an un épisode de Tif et Tondu et un autre d’Isabelle au lieu de deux épisodes de Tif et Tondu par an. Cette entente devait permettre à Maurice Tillieux de baisser son rythme de travail en ne fournissant qu’un scénario de Tif et Tondu chaque année. Mais les scénaristes d’Isabelle, Yvan Delporte et Raymond Macherot, ne remettront aucun scénario à Will qui, ayant besoin de travailler, demande un nouveau scénario de Tif et Tondu à Maurice Tillieux. Ce dernier recycle alors un vieil épisode de Félix. Tif et Tondu était une des séries sur laquelle Maurice Tillieux aimait le plus travailler, car elle lui permettait d’exploiter ses thèmes préférés : le policier, le mystère et l’aventure.


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Desberg :

Stephen Desberg, né le 10 septembre 1954 à Bruxelles, est un scénariste de bande dessinée belge

Dès 1976, Stephen Desberg écrit quelques courts récits complets dans le journal Tintin : Tempête au soleil pour Felicisimo Coria ou bien Les Deux Petits-Fils Aymon pour Jo-El Azara. Il commence en 1978 sa carrière de scénariste professionnel, sous la houlette de Maurice Tillieux qui remanie alors d’anciennes histoires de Félix et les transforme en scénarios de Tif et Tondu pour le dessinateur Will. Stephen Desberg et Maurice Tillieux cosignent le scénario du Gouffre interdit et celui des Passe-montagnes.

Après la mort de Maurice Tillieux, il devient l’unique scénariste de la série, avec un album intitulé Métamorphoses.


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Denis Lapière

Né le 8 août 1958 à Namur, Denis Lapière s’intéresse professionnellement à la BD en gérant une librairie spécialisée avant de se tourner vers le scénario, en 1987, pour Éric Maltaite (Mono Jim dans L’écho des savanes), Jean-Philippe Stassen (Bahamas, puis Bull White chez Albin Michel), Michel Constant (la série Mauro Caldi au Miroir, puis chez Alpen) et Peter Pluut (Jerry et Line chez Dargaud). Avec Olivier Wozniak, il lance en 1989 Alice et Léopold dans Spirou, puis Charly avec Magda, et assure avec Alain Sikorski la reprise de Tif et Tondu. La collection « Aire Libre » accueille en 1992 son Bar du Vieux Français, illustré par Stassen. Il y reviendra quelques années plus tard en compagnie de Paul Gillon pour évoquer l’histoire d’un producteur de cinéma traversant le siècle dernier dans un nouveau diptyque, La Dernière des salles obscures. Alternant avec habileté séries pour la jeunesse et production plus adulte, il s’associe dans le premier domaine avec Pierre Bailly et Vincent Mathy pour conter les aventures quotidiennes du jeune Ludo et de son héros préféré de BD, « Castar », une étonnante production graphique à quatre mains. Écrite pour Gilles Mezzomo et la collection « Repérages », il aborde le polar avec Luka et montre son talent de constructeur d’énigmes pour un public plus averti. Pour la collection « Aire Libre », il écrit également le superbe Un peu de fumée bleue qu’illustre Pellejero. En 2000, il renouvelle le genre du « whodunit », toujours avec Alain Sikorski, en signant La Clé du mystère, une nouvelle grande série policière « tous publics ».


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Will / Willy Maltaite :

Will est LE dessinateur maître de la série. Il a su trouver un trait fin, équilibré et subtil. De même que Peyo, Will dessine des planches où il va à l’essentiel : Décors, actions, personnages, expressions et mimiques des personnages simples à déchiffrer. Il n’égare pas l’œil du lecteur, il permet ainsi de plonger facilement dans la lecture au contraire de Franquin qui mettait dans ses œuvres un fourmillement de détails.

Le style graphique est hésitant au début (comme Le Trésor d’Alaric) puis trouve vite son rythme de croisière.

Will est également connu pour sa série Isabelle écrite avec Franquin et Delporte.

Né le 30 octobre 1927 à Anthée en Belgique sous le nom de Willy Maltaite pour l’état civil, Will accumule les dessins en marge d’une scolarité dilettante et tâte assidûment le pinceau. Sensibles à cette vocation artistique, ses parents l’inscrivent à l’école Saint-Joseph de Maredsous, mais il rate son examen d’admission. Alors, il « monte » à Dinant et rencontre un prof de dessin qui l’oriente vers Joseph Gillain, un jeune artiste dessinant des « petits miquets » pour Spirou. C’est l’aube d’une grande amitié et Will, âgé de 14 ans, découvre la magie virtuelle de la matière et le pouvoir évocateur d’une ombre, d’une teinte, d’une courbe…

Son style incite Charles Dupuis à lui proposer la tutelle de Tif et Tondu, le célèbre duo d’aventuriers créé par Fernand Dineur en 1938. WILL accepte et, sans trahir la vigilance de Dineur, dessine Le mystère de Beersel (1948/49), un épisode inédit dans Spirou. La cité des rubis, La revanche d’Arsène Rupin, San Salvador, Le fantôme des lagunes et La villa sans souci illustrent leur étroite collaboration. Puis, Fernand Dineur ayant cédé ses droits aux éditions Dupuis, Luc Bermar (aka Henri Gillain) et Albert Desprechins écrivent respectivement Le trésor d’Alaric et Oscar et ses mystères. En 1954, WILL rencontre Maurice Rosy. Ensemble, ils imaginent « Monsieur Choc », un cerveau diabolique capable d’imposer sa volonté au monde grâce à sa phénoménale intelligence. Mystérieux, omniprésent, insaisissable, Choc marque les pages de Tif et Tondu contre la main blanche et impose son élégance glacée dès l’épisode suivant, Le retour de Choc. Habile métaphore du mal, le heaume de Choc fascine ; ses yeux sans visage scrutent notre imaginaire et sondent nos référents culturels. Fantômas et le Docteur Mabuse ne sont plus les seuls génies du mal.

Il a été directeur artistique du journal Tintin de 1958 à 1960. En plus de 40 albums de Tif et Tondu de 1954 à 1991, WILL sera l’un des rares transferts entre l’école de Marcinelle (SPIROU) et celle de Bruxelles (TINTIN). Il a été également DIRECTEUR DE COLLECTION DU CARROUSEL CHEZ DUPUIS DE 1966 A 1969. Mais en 1968, Rosy, débordé de travail, déclare forfait. Maurice Tillieux assure la relève du scénario de Tif et Tondu avec L’ombre sans corps et oriente cette saga vers le suspense policier.

Décorateur, il collabore avec Franquin, qui lui rendra la pareille plus tard en scénarisant avec Yvan Delporte sa série Isabelle de 1972 à 1986, Delporte prenant en charge le reste de la série. Il s’occupera également de Jacky et Célestin, de Benoît Brisefer avec Peyo, de Record et Véronique avec René Goscinny, de Marco et Aldebert avec Rosy et Vicq, de Eric et Artimon avec Vicq et de Natacha avec Walthery, qui reprend le flambeau de Tif et Tondu. Fin des années 80, Will étonne en changeant radicalement de registre. Sur des textes de Desberg, il s’oriente vers des récits plus occultes et la couleur directe avec Le Jardin des Désirs, un ouvrage délicieusement coquin, La 27e Lettre et L’appel de l’Enfer. Will est l’un des plus grands talents de l’école belge. Ne cessant de toucher à tout en innovant au risque de déplaire. C’est lui qui nous a donné l’énigmatique « Monsieur Choc » et « Kiki », l’un des premiers personnages féminins qui revendique sa qualité de femme. Ses planches en couleur directe sont de toute beauté.

Papa de nombreux héros BD et qu’ainsi que d’Eric Maltaite, il est un des piliers de la bande dessinée européenne. Son rire et sa gentillesse sont renommés. Sa modestie n’a d’égale que son talent ! Élève de Jijé, ami de Franquin et Morris, Will fait partie de la « Bande des quatre ». Il est parti rejoindre ses amis Joseph Gillain, André Franquin, Peyo, ce vendredi 18 février 2000.

Il nous manque ! Sans être à considérer comme un « Dieu de la BD  franco-belge » comme Hergé, Franquin Morris ou Albert Uderzo, Will a laissé une empreinte indéléabile dans l’histoire de la bande dessinée.


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Alain Sikorski :

Né le 3 février 1959 à Liège, d’un père polonais et d’une mère belge qui se sont connus au Congo, Alain Sikorski passe ses seize premières années à Téhéran. En 1989, Denis Lapière, enfin, lui téléphone et lui demande s’il est prêt à relever un défi : reprendre le dessin de la série Tif et Tondu qui, à l’époque, en est déjà à son quarantième épisode. Sikorski, qui, à ses moments perdus, pratique la plongée, la spéléologie, le vol à voile et qui aurait rêvé d’être pilote de chasse, aime le risque. Il accepte. Après des mois de recherche et de tâtonnement, le nouveau Tif et Tondu arrive. Six albums leur seront consacrés de 1993 à 1997. L’interruption de la série va inciter Sikorski et son scénariste à lancer une ambitieuse production d’intrigues policières, dans l’esprit des célèbres « whodunit » des années trente, où le lecteur était convié, peu avant la conclusion de l’ouvrage, à rechercher l’assassin en se basant sur les indices volontairement disséminés dans les chapitres précédents.

Les personnages principaux de l’univers

Note : dans les bandes dessinées franco-belges, la majeure partie du temps, on distingue un binôme ou un héros entouré de deux faire-valoir ou plus.

Dans le premier cas, on peut par exemple citer Blake et Mortimer, Johan et Pirlouit, Blutch et Chesterfield, Khéna et le Scrameustache.
Dans le second cas : Gil Jourdan, Libellulue Croûton, et Queue de Cerise, Yoko Tsuno, Vic et Pol…
En ce qui concerne la série
Tif et Tondu, elle appartient au premier cas.
Avec les nombreux titres et les idées des scénaristes, des personnages récurrents se mettront en place dans cet univers.
Je présenterai ici sommairement les quatre personnages « incontournables » de la série.
Je précise également que ce sera centré sur l’œuvre de Will et non sur celle de Dineur ou du binôme Sikorski/Lapière.

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Tif : c’est le premier personnage apparu dans la série.

Sous le crayon de Tillieux, il acquiert certains de traits de caractère qui lui resteront : un léger penchant pour les jolies femmes, faire des calembours (qui ne sont pas sans rappeler le personnage de Libellule, de l’univers de Gil Jourdan), bon vivant, un petit peu râleur par moments, voire gaffeur (on en a un bel échantillon avec le gag du passeport et de la valise dans l’album Tif et Tondu à New York) ; ce qui ne l’empêche pas d’être tout aussi efficace que son ami Tondu lors d’enquêtes à mener ou d’aventures à travers le monde.

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Tondu : ce personnage fera son apparition quelques semaines plus tard aux côté de Tif. Par la suite, nos deux compères deviendront inséparables et vivront pour le plus grand plaisir du lectorat multiples aventures qu’elles soient policières ou fantastiques, de science fiction.

Si on peut considérer Tif comme « l’élément distrayant » du binôme, Tondu est son opposé. Plutôt réservé, sérieux et réaliste, il est également opiniâtre. On le voit souvent prendre les rênes sur une affaire, être le premier à avancer des hypothèses.

Deux de ses défauts peuvent être une trop grande curiosité comme c’est le cas dans Les ressuscités, ou de se lancer seul dans des recherches, ce qui le met en fâcheuse posture (prisonnier). On en trouve l’exemple dans Le Retour de la bête.

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Comtesse Amélie d’Yeu, dite Kiki : le premier personnage féminin récurrent et actif de la série. Will est un fervent admirateur des femmes et souhaitait en glisser dans ses aventures. Suite à cela, Will et Tillieux décideront alors de créer ce personnage.

Belle, sensuelle et intelligente, Kiki ne sert pas de figurante, elle participe aux enquêtes comme c’est le cas dans Le Roc Maudit, participe aux aventures comme c’est le cas dans Un plan démoniaque. C’est avec Natacha et Yoko Tsuno l’une des rares héroïnes de l’époque, le milieu de la BD étant alors assez machiste.

Sa première apparition a lieu dans le tome Tif et Tondu contre le Cobra. Elle est surtout utilisée dans la saga Tillieux, bien que Desberg l’utilise à deux ou trois occasions dans ses scénarios.

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Mr Choc : c’est la Némésis de Tif et Tondu, de même qu’Olrik est la Némésis de Blake et Mortimer.

Chevalier du crime, mystérieux et solennel, nul ne connaît son vrai visage qu’il dissimule sous un heaume. Il en est de même pour son identité, tout ce qu’on sait c’est qu’il est à la tête d’un groupe étendu dans le monde qui a pour nom « La Main Blanche ».

Créé par Maurice Rosy, il fera son apparition dans le quatrième album, Tif et Tondu contre la main Blanche. Cette apparition pouvant sembler tardive est probablement due au fait que Rosy préférait se centrer sur des scénarios avec des chasses au trésor, récits courts ou qu’il ne tenait pas encore « son » personnage.

Tillieux préférera utiliser différents méchants aux différentes psychologies. Choc quitte donc la scène, mais ce n’est que temporaire. En effet, lors de la reprise avec Desberg, Will pensait déjà à faire revenir ce personnage si charismatique très demandé par les lecteurs. Desberg voulait renouer avec l’ancienne époque, il n’en faudra pas plus pour que Choc revienne sur le devant de la scène.

Les meilleurs albums

Ici comme tant d’autres genres, chaque lecteur peut avoir ses préférences bien distinctes. Néanmoins en tant qu’ amatrice de la série, je tiens à vous en parler des deux albums que j’ai découvert en premier et que j’ai toujours autant plaisir à relire.

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L’histoire m’a tout de suite attirée, de par la présence de la ravissante Gina de Milano et les révélations qu’elle apporte à nos deux héros. Par la suite, la course contre la montre contre Choc qui prend un tournant inattendu et le « coup de théâtre » concernant Gina et la fin de l’album m’ont fait passer un excellent moment.

L’intrigue est bien construite, on se rend compte qu’on ne peut pas toujours se fier aux apparences. Les ambitions de Choc peuvent sembler pré-apocalyptique (vendre à différents pays de l’uranium enrichi, pouvant servir à la conception de bombes), quelques petits gags, le changement d’apparence de Tondu… Il y a de quoi être surpris et captivé.
Les pages que je préfère ? La 7, la 9, la 21, la 26, la 40 tout particulièrement et enfin la 43.

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Titre 18 : Le Roc Maudit

Un cambriolage à Londres qui se termine dans une impasse, des gardiens de phare qu’on retrouve pendus et qui semblent s’être suicidés… Il n’en faut pas plus pour lancer l’histoire avec deux éléments différents mais complémentaires.

Tillieux nous illustre ici une fois de plus son talent pour maintenir le mystère, l’angoisse le tout avec de l’humour. De même que dans La Voiture Immergée (troisième titre de Gil Jourdan), il invente une histoire ou la mer et les récifs ont une place importante. Pas de choc en découvrant les cadavres, pas de sang… Mais de l’angoisse en découvrant que le phénomène des pendus se répète, qu’un mystérieux inconnu cherche à éliminer les curieux aussi bien sur terre que sous l’eau.

Pour parachever ce bijou, Kiki se joint au duo sans rien perdre de sa féminité et de ses qualités. Quelques passages amusants (planches 21, 23, 28), angoissantes (planches 33 à 36) et  révélations étonnantes (planches 43 et 44) font de cet album un des meilleurs, que je conseille à ceux qui aiment les bons scénarios policiers avec du mystère.

Dossier réalisé par Eyaël, rédactrice dans l’équipe Ederweld

Les biographies des auteurs sont issues du site de Dupuis.

Yann Blake remercie tous ceux qui ont participé à la soirée chat, même quelques instants. Merci à Eyaël qui a assuré la soirée. Et mes excuses pour mon absence. J’espère vous retrouver pour une nouvelle soirée.

La suite des festivités bientôt


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1 réponse

  1. Dominique Guillaumont dit :

    juste une petite précision concernant la Comtesse Amélie d’Yeu crée par Tillieux : bien sûr comme vous le précisez, cette création vient de l’envie de Will de proposer un personnage féminin comme il aime en dessiner, mais la raison de base de l’arrivée de ce nouveau personnage récurrent est l’envie de Tillieux de recréer la formule du trio qui lui était chère : Felix, allume-gaz et Cabarez ; Gil Jourdan, Libellule et Crouton… notamment pour pouvoir réutiliser des scénarios ou bases de scénarios créés dans les aventures de Félix entre autres. L’effet Will est donc en effet e créer un 3ème personnage qui soit une femme.

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