Marcel Uderzo, l’oncle d’Astérix.

Yann Blake

Rédacteur news et Administrateur du forum Phylacteres
Yann Blake

marcel-uderzo-2130482Marcel Uderzo est un dessinateur de bande dessinée français. Il est le frère d’Albert Uderzo. [Albert Uderzo avait deux frères : un grand frère Bruno Uderzo, et un petit frère Marcel Uderzo. Albert Uderzo avait également deux autres frères/sœurs (voir dans son autobiographie)]. C’est en 1964, aux côtés de son frère, qu’il débute la bande dessinée. Au début, Marcel encrait les planches de Tanguy et Laverdure, puis son apprentissage continua avec l’encrage des planches d’Astérix. En 1966, les éditions Dargaud (alors éditeur d’Astérix), situées rue du Louvre, l’embauchent à mi-temps pour créer les visuels des produits dérivés sur le thème d’Astérix. En septembre 1967, Marcel travaille à plein temps chez son frère. Il y encre et met en couleur les Astérix. Cette collaboration durera jusqu’en février 1972. À la suite d’une pause de plus de deux ans, en septembre 1974, Marcel reprend son pinceau pour travailler de nouveau chez les éditions Dargaud et se consacrer au petit Gaulois jusqu’en décembre 1979. Ce n’est qu’en janvier 1980 qu’il se lance dans une grande aventure en solitaire sur cette vaste mer qu’est la BD. Albert Uderzo prendra très mal cette décision, et ses relations avec Marcel se détérioreront petit à petit…

Marcel varie les styles, du style semi-humoristique au style réaliste pour finalement se concentrer sur ce dernier. À ce jour, il a une trentaine d’albums à son actif, dont quelques-uns sont publicitaires. Il participe aussi de temps à autre à certains collectifs. Actuellement, installé dans son atelier pour son plus grand plaisir, Marcel dessine toujours des BD, dans un petit village situé en Normandie, et s’est spécialisé dans la BD historique et d’aviation…

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Son dernier album paru : « Histoires et Légendes normandes ». Un collectif aux éditions Association l’Eure du Terroir.

Petit explication concernant le titre de cet article : considérons Albert Uderzo, le père du personnage fictif Astérix. Étant donné que Marcel Uderzo est le frère d’Albert Uderzo, il est donc l’oncle d’Astérix. Ajoutons le fait que pendant de nombreuses années Marcel Uderzo ait travaillé à la création des albums Astérix, il a donc été impliqué dans la création du personnage. Ceci explique cela.

Un administrateur du forum du site Phylacteres.fr avait réalisé un court entretien avec Marcel Uderzo :

Quel(s) sont le(s) album(s) d’Astérix au(x)quel(s) vous avez collaboré ?

En 1966 j’ai commencé à tracer pour mon frère, au début sur trois albums de Tanguy et Laverdure, puis sur les albums du petit Gaulois ; Astérix légionnaire a été mon tout premier, les couleurs m’ont été confiées un peu plus tard, en 1966. Il y a eu une interruption de deux ans, ensuite j’ai repris ma collaboration sur la série en traçant les albums jusqu’à la fin de l’année 1979, le dernier étant Astérix chez les Belges. À partir de 1980, j’ai fait cavalier seul.

Astérix vous a-t-il influencé dans votre travail ?

Probablement que oui, on ne peut pas travailler pendant plusieurs années sans être influencé par un style comme celui d’Astérix. Mes débuts en solo ont été marqués par la série Mathias, avec au scénario Moloch. Ces albums en style humoristique ont été suivis par d’autres réalisés dans des styles plus réalistes. 

Quel rôle avez-vous joué dans Astérix ?

Dès le commencement de ma collaboration, jusqu’à la fin de l’année 1979, j’ai tracé à l’encre les planches sur les crayonnés d’Albert, assurant également la colorisation de tous les épisodes.

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Une planche d’ « Astérix », dessinée par Albert Uderzo et encrée par Marcel Uderzo.

Beaucoup disent que c’est grâce à Bruno Uderzo qu’Albert a commencé sa carrière, et vous, est-ce Albert Uderzo qui vous a lancé dans la BD ?

Je ne peux pas vraiment répondre à la première partie de cette question, car étant le cadet de la famille, mon frère Bruno avait quatorze ans de plus que moi, Albert est de sept ans mon aîné, à l’époque j’étais encore à l’école communale. À la fin de ma scolarité, mon père qui était artisan luthier à Paris, sans me demander mon avis, m’a mis devant un fait accompli, je devais être son apprenti. Ce n’est qu’au moment de sa retraite que j’ai sollicité Albert pour entrer dans le monde de la BD. Il a accepté au bout d’un an, après que je me sois entraîné seul pendant des mois en dessinant ses personnages durant l’année 1965.

Comment avez-vous su vous démarquer du personnage d’Astérix créé par votre frère Albert ?

Sitôt le début de ma carrière en solo, j’ai eu la chance de pouvoir dessiner dans des styles humoristiques et réalistes. Étant polyvalent, j’ai donc réalisé bon nombre d’albums différents.

La popularité d’Astérix ne vous fait-elle pas de l’ombre ?

Le nom a toujours intrigué, ce qui m’a permis peut-être d’avoir toujours du travail.

Quel est votre point de vue sur la « montée en puissance d’Astérix » ?

Le succès d’Astérix a étonné tout le monde, y compris ses créateurs. Ils n’avaient qu’une crainte, c’est que cela s’arrête un jour.

Que pensez-vous de l’évolution d’Astérix ?

C’est une réussite sans précédent dans le monde de la BD française depuis les années 60.

Vous reconnaissez-vous dans un des personnages du village du petit Gaulois ?

Dans mon entourage, on dit que ma ressemblance avec le barde est frappante (je chantais beaucoup dans mon enfance) et après réflexion, je crois que j’ai toujours eu le même traitement que lui.

Le mot de la fin pour les lecteurs de cette interview ?

La BD est un métier passionnant, malheureusement c’est de plus en plus difficile de se faire un nom. Il y a énormément de dessinateurs talentueux et les jeunes qui débutent sont souvent très mal payés. Mais j’espère qu’il y a encore un peu de place pour les plus chanceux, c’est du moins ce que je leur souhaite à tous.

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Marcel Uderzo plus jeune

Par ailleurs, j’ai  recontacté dernièrement Marcel Uderzo, pour préparer deux articles, l’un sur le festival d’Angoulême où il était présent, et l’autre sur les relations entre Albert Uderzo et ses proches. Ce dernier article fera l’objet d’un grand dossier exclusif et d’interviews inédites. Durant notre conversation, nous avons abordé d’autres sujets qu’il me semble souhaitable d’aborder dans cet article :

Quels sont vos projets en cours ?

Mon éditeur s’est spécialisé dans l’historique de l’aviation. En ce moment je travaille sur une BD sur la vie de Lindbergh, le pilote américain qui a traversé l’atlantique en 1927. C’est en cours… Donc il devrait être terminé au mois de juin. C’est un gros album de plus de 60 pages.

Il y a un album sur Roland Garros qui va sortir d’ici un mois. Il y a une belle collection sur l’historique, on en est à deux tomes, le troisième va sortir au mois d’octobre de cette année. Et autrement, il y a beaucoup de collectifs sur des pilotes d’avion. Il y a une très grande collection sur l’aviation.

Pour finir, je vais revenir sur le dossier Uderzo que je prépare. En effet, la famille Uderzo est très complexe, et ne se limite pas au procès entre Albert Uderzo et sa fille Sylvie. Outre le fait que Marcel Uderzo ne parle plus ni à Albert ni à Sylvie depuis plusieurs années, une soeur d’Albert, Rina (92 ans) n’a elle non plus plus aucun contact avec le reste de sa famille. Il y a aussi Ada Uderzo, la femme d’Albert… dont on ne connait presque rien… Une grande affaire familiale et médiatique qui se doit d’être éclaircie… C’est mon objectif !

Les propos de la première interview ont été recueilli par Blue, administrateur sur Phylacteres.fr. Les autres textes sont signés Yann Blake. Merci à Marcel Uderzo.

Document annexe présent sur notre forum : l’encrage des albums d’Astérix

Yann Blake

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