La BD traverse l’Atlantique avec « l’Hermione »

Fraîchement sorti de mon dernier partiel de l’année, j’ai aujourd’hui décidé de vous conter une anecdote BD en rapport avec l’actualité. Il y sera question d’Histoire et de navigation car, contrairement aux idées reçues, la BD mène à tout et permet de traiter tous les domaines. Cette multiplicité des univers qui s’entrecroisent au fil des histoires constitue indéniablement selon moi la richesse du neuvième art. Prêt pour le grand voyage ? Alors hissez la grand voile et nous voilà partis.

La guerre d’indépendance américaine, séparation politique entre colonies et royaume d’Angleterre

Nous sommes en 1780 et à l’autre bout de l’Atlantique la guerre fait rage entre l’Angleterre et ses colonies d’Amérique du Nord. Contrairement à la volonté du royaume, celles-ci entendent en effet jouir d’une indépendance totale quant à leur administration. A cette époque, les États-Unis ne sont pas encore créés. Cela fait cinq ans que les treize colonies luttent et même si elles ne le savent pas encore, la guerre durera encore deux ans.

D’un côté il y a les insurgés américains, peu nombreux, non professionnalisés mais qui ont l’avantage du terrain. De l’autre, il y a le royaume anglais dont l’armée est certes professionnelle mais dont la distance séparant le vieux continent du nouveau pose d’importants problèmes logistiques. Il n’en demeure pas moins en revanche un net avantage au profit de l’armée anglaise dont le nombre de combattants dépasse de loin celui des insurgés.

La France et l’Espagne font quant à elles partie des États européens pro-américains. A la suite d’accords diplomatiques que nous n’évoquerons pas dans cet article, des troupes françaises sont ainsi envoyées en soutien aux colonies américaines.

Le Marquis de la Fayette

Le Marquis de La Fayette (portrait par Joseph-Désiré Court, 1834)

Longue de 44,22 mètres, équipée de 26 canons et large de 11 mètres, l’Hermione fut, à ce titre, l’un des navires mythiques qui  achemina une partie de l’appui français tant humain que logistique, dans l’objectif de lutter contre l’Angleterre en Amérique du nord. Ce navire de légende transporta notamment le Marquis de Lafayette, alors âgé de 21 ans et désireux de combattre pour la défense de la liberté. L’Hermione et ses trois mats, plus qu’un simple navire, devint par la suite un véritable symbole de lutte pour la liberté et entra de ce fait à pleines voiles dans l’Histoire.

Remarque : le navire sombra finalement en 1793 dans le cadre d’un autre conflit.

L’Hermione, une renaissance de longue haleine

 

Retour au 5 juin 2015 à présent, puisqu’un navire du nom de l’Hermione vient de faire son entrée dans le port de Yorktown ce matin. Mais, pour comprendre de quoi il s’agit, il nous faut en réalité remonter quelques années en arrière, en 1997 très exactement. C’est en effet en l’an 1997 qu’un groupe de passionnés se lança le pari fou de ressusciter un symbole : l’Hermione. Le chantier, basé à Rochefort comme le fut celui de l’Hermione première du nom, dura pas moins de 17 ans contre 11 mois pour le précédent. Il fallut également retrouver des techniques de travail abandonnées, faire appel à des matériaux spécifiques et au soutien de nombreux bénévoles.

Construction de L’#Hermione à #Rochefort Une photo publiée par Frégate L’Hermione (@hermione_lafayette) le

 

Mais 18 ans plus tard, ce qui au départ s’apparentait à un projet onirique est finalement devenu réalité et l’Hermione reprit la mer le 18 avril dernier.

Une bibliothèque teintée de neuvième art

Si le navire est la copie conforme du premier, la vie à bord y est naturellement plus agréable. Outre l’équipement des quartiers appartenant aux membres d’équipage et les instruments de navigation dernier cri, une bibliothèque y est également implantée. Elle contient des romans mais aussi des bandes dessinées. On notera notamment la présence de L’Arabe du futur, lequel ayant été sacré Fauve d’or au festival international de la BD d’Angoulême 2015. Je profite également de cette occasion pour vous annoncer la sortie le 11 juin prochain du tome 2 de cette série de Riad Sattouf.

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Par ailleurs, si vous souhaitez approfondir la question, sachez qu’une BD consacrée à l’Hermione est parue en 2009 sous la plume de Jean-Yves Delitte. Une réédition grand format est prévue pour le 1er juillet.

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J’espère que cette anecdote vous aura appris quelque chose. Je tenais vraiment à en parler dans la suite de ma chronique sur l’image péjorative de la bande dessinée. Il m’apparaissait important d’indiquer que même si beaucoup la considèrent – à tort – comme de la sous-littérature, la bande dessinée reste néanmoins riche de sens et l’avoir embarquée à bord d’un symbole tel que l’Hermione n’est, je crois, pas anodin. Même si cela n’est probablement pas fait sciemment, cela prouve qu’il s’agit bien d’un pan de la littérature à part entière.

Bon vent à vous et à très bientôt.

South

Remarque : l’Hermione reviendra fin août à Rochefort. 🙂

[hr]

L’image de bannière provient du site officiel et est © Francis LATREILLE / Nicolas LE CORRE / Stéphane MUNARI / Maryse VITAL.

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