Ederweld défend la liberté d’expression

Bonjour à tous,

Nous aurions préféré un début d’année plus joyeux, mais 2015 commence mal. Douze personnes ont en effet été assassinées sur Paris le 7 janvier dernier au sein ou à proximité des locaux du journal satirique Charlie Hebdo.

Cet événement qui a marqué la France entière et tout particulièrement la communauté de dessinateurs/scénaristes/coloristes/journalistes a déchaîné les passions et les messages de soutien à l’égard des victimes.  Le 7 janvier 2014, la France entière a ainsi découvert que la liberté d’expression était un droit à défendre à chaque instant et qu’il pouvait être remis en cause.

La mort des quatre dessinateurs – Cabu, Charb, Wolinsky et Tignous – en raison de simples dessins publiés dans Charlie Hebdo a effaré la France entière et nombreuses sont les personnes à avoir éprouvé un certain deuil.

Pour ma part, j’ai été incapable d’écrire la moindre phrase pendant plusieurs jours, trop touché par l’événement. Pourtant, je ne faisais pas partie des lecteurs de Charlie Hebdo, je ne peux pas dire que c’était mon style. Non, mon type de journal à moi c’était et ça restera toujours le Journal de Spirou. Pourtant, j’ai été profondément ému par le fait que l’on puisse entrer dans la rédaction d’un journal pour vider des chargeurs de balles sur des journalistes et dessinateurs.

Peut-être qu’inconsciemment je me suis projeté à leur place puisqu’indirectement le travail effectué sur Ederweld s’apparente à du journalisme, peut-être que c’est ma relation toute particulière avec le monde du dessin, peut être aussi parce que Charb était originaire de Pontoise, ville où j’ai longtemps travaillé. Peut être même est-ce tout cela à la fois et bien d’autres choses encore.

Tant de facteurs qui expliquent en partie, je le crois, l’impossibilité que j’ai eue pendant un moment à prendre de la distance avec l’événement. Finalement, chacun a été touché à sa manière et chacun a exorcisé sa peine comme il a pu.

J’ai soumis à Loup l’idée de réaliser un dessin en témoignage de notre émotion envers les récents événements. Voilà ce qui est ressorti de notre réflexion et je lui suis grandement reconnaissant d’avoir réalisé cette superbe illustration. (Loup qui a d’ailleurs fait part de son ressenti ici)

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Répondre par un dessin me semblait être la meilleure réponse aux drames de la semaine passée. Il s’inscrit en outre dans la lignée de tous les hommages dessinés réalisés par les dessinateurs du monde entier.

Mais, comme pour beaucoup, la semaine qui vient de s’écouler fut aussi pour moi source d’une profonde introspection. Comment en effet ne pas s’interroger sur la liberté d’expression et les limites que celle-ci peut ou doit avoir ? Est-ce parce que l’on a le droit de tout dire, dessiner ou écrire, que l’on peut également user de ce droit de la manière la plus absolue ? Où s’arrête la liberté et où commence l’atteinte à autrui ? A-t-on le devoir de s’autocensurer pour ne pas blesser ? Ou bien doit-on laisser au lecteur le soin d’être juge du contenu qu’il consulte ? Autant de questions qui, je le crois, relèvent d’ailleurs plus du domaine philosophique que journalistique.

Sur Ederweld, je suis entièrement libre de la ligne éditoriale. Malgré tout, je reconnais ne parler essentiellement que de ce que j’aime. Mais ça n’est pas de l’autocensure sinon un choix délibéré car je préfère partager des choses que j’aime plutôt que des albums que je descendrais.

En tout cas, une chose est sûre, mes partiels de mi-année étant désormais terminés, je suis plus que jamais déterminé à m’exprimer grâce à Ederweld, un bien bel outil pour partager sa passion et user de sa liberté d’expression au quotidien.

Je souhaite que les événements tragiques de ces derniers jours apportent plus d’écoute, de tolérance et de respect dans la vie de chacun. Cela m’apparaîtrait comme un « moindre mal ». Mais quelque part, il suffit de sortir dans la rue pour se rendre compte que le combat est loin d’être gagné d’avance.

Bonne soirée à tous et à très bientôt.

South

[hr]

J’ai également une pensée pour toutes les victimes civiles et policières de Charlie Hebdo que je n’ai pas citées ainsi que celles de Montrouge et de la porte de Vincennes.

Pour poursuivre le débat je vous invite vivement à visionner le film Caricaturistes – Fantassins de la démocratie. Le film est intéressant et apporte un éclairage supplémentaire à l’actualité que nous traversons. Un reproche toutefois quant à sa conception : le montage est un peu linéaire.

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