Critique : « Seuls » (tome 9) de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti [SPOILERS]

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Références : 

Il s’agit du tome 9 de la série fantastique jeunesse Seuls. Intitulé Avant l’Enfant-Minuit, ce tome est scénarisé par Fabien Vehlmann, dessiné par Bruno Gazzotti et mis en couleur par Usagi. L’album est paru le 16 octobre 2015 chez Dupuis et peut se trouver à 10€60 (prix éditeur).

Public : jeunesse

yvanRésumé : Après avoir regagné leur liberté grâce à l’épreuve de l’héliodrome, Dodji, Yvan, Terry et Leïla s’enfuient dans les montagnes enneigées à la recherche d’une mystérieuse silhouette. Dodji est en effet persuadé d’avoir été appelé par un homme encapuchonné alors que leur convoi effectuait le trajet FortvilleNéosalem. De leur côté, les premières familles n’entendent pas les laisser s’échapper aussi facilement et se lancent alors à leur poursuite pour les ramener à Néosalem. Le moment de connaître l’identité de l’élu du mal est enfin venu. La jeune Lucie, enfermée de force dans la chambre blanche, serait-elle finalement étrangère aux tragiques événements initiés dans les terres basses ?


Mon avis : Avant l’Enfant-Minuit est un tome qui s’inscrit pleinement dans l’esprit de ceux qui l’ont précédé. Si vous avez apprécié ces albums, vous devriez donc aimer ce neuvième opus.

Mêlant action, humour et mystère, on est heureux de retrouver Dodji et ses compagnons après deux ans d’absence. Les 48 pages de l’album s’écoulent sans que l’on ait le temps de s’ennuyer une seule seconde et chaque personnage clef est tour à tour mis en avant. Il n’y a pas dans cet album de figuration parmi le cercle toujours croissant de personnages principaux. Chacun d’entre eux a droit à son moment de gloire dans cet album. On peut en revanche souligner l’absence de Tanguy, personnage qui semblait pourtant prendre de plus en plus d’importance lors des derniers tomes.

J’ai par ailleurs beaucoup aimé le rôle joué par Terry dans ce neuvième opus. Traditionnel gaffeur, le jeune garçon a cette fois-ci l’opportunité d’être à nouveau moteur dans les actions du groupe. A croire que Terry, à l’honneur sur les couvertures de fin de cycles, cache tout son potentiel jusqu’aux moments décisifs de l’histoire. On se souvient à ce titre du rôle central qu’il avait pu avoir tout au long du tome 5 et lors de la mort de Sélène au pied du monolithe. Terry est donc définitivement un personnage dont l’évolution me plaît beaucoup et dont on perçoit progressivement la profondeur au fil des tomes.

Quant au duo Anton-Yvan, il contrebalance à merveille la propension des différents personnages à subir les limbes. Si l’on savait les deux garçons à la pointe de la recherche quant à ce qui leur arrive, il est désormais possible de voir en eux les messagers explicatifs de bien des mystères. La succession de leurs théories apporte en effet une certaine rationalité au monde fantastique dans lequel les enfants sont plongés. Loin de prétendre détenir la vérité, Anton et Yvan apportent en revanche un certain équilibre à l’ensemble. Pour les deux scientifiques, tout a nécessairement une explication rationnelle.

A l’autre bout de la rationalité se trouve le maître fou, nouveau personnage de la saga. Contrairement au duo précédemment évoqué, celui-ci apporte une foule de questions sans pour autant y répondre. Il contribue ainsi à maintenir le climat d’étrangeté et de mystère qui a baigné la série jusqu’à présent. Et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un personnage mystérieux simplement parachuté dans les montagnes par les auteurs. Son lien avec des personnages déjà rencontrés par le passé contribue en effet à le rattacher pleinement à la série.

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Le tandem CamilleSaul fait également l’objet d’un développement qui n’est pas sans faire écho à celui du tome 3. Le « couple » permet ainsi d’aborder des aspects primordiaux quant aux règles qui régissent le monde des limbes et le passé de l’élu des premières familles.

Côté dessin, j’avais vraiment peur que les passages dans la neige conduisent à des décors légèrement répétitifs. Tel n’est finalement pas le cas grâce à l’important travail de repérage de Bruno Gazzotti qui, une fois encore, a surmonté avec brio les contraintes imposées par Fabien Vehlmann. Chaque scène de montagne apparaît unique et les lieux ont tous une architecture ou un élément propre qui tend à les distinguer entre eux. Le style de dessin est quant à lui comparable à celui des autres albums, à la fois réaliste mais aussi humoristique. On reconnaît la patte de Bruno Gazzotti telle que nous la connaissons depuis son travail sur Soda.

Quant aux couleurs, Usagi nous prouve une fois de plus sa grande adaptabilité aux multiples ambiances qu’offre la série. J’ai complètement adhéré à ses choix de lumières et d’obscurité, lesquels sont doux et subliment vraiment le trait de Bruno. Une fois encore, la couleur est un élément important dans une BD et la mission se trouve ici remplie avec justesse.

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Bilan : ce neuvième tome offre une très belle clôture au second cycle de la série. A l’instar de ses prédécesseurs, il répond à certaines questions tout en en soulevant de nombreuses autres. Loin de remplacer les tomes 2, 5 et 7 dans mon cœur, Avant l’Enfant-Minuit n’en reste pas moins un tome très dynamique et très bien dosé.

Il offre par ailleurs un nouveau degré de relecture pour les huit tomes précédents. De quoi alimenter de nombreuses soirées de recherches avec ses amis, pour tenter de mettre à jour les différents indices savamment disséminés tout au long de la série par les auteurs.

Aussi méticuleux que l’on soit, Seuls risque de continuer à nous surprendre un bon moment. L’identité de l’Enfant-Minuit en est à ce titre un exemple flagrant.

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Les images d’illustration de cet article sont © Fabien Vehlmann – Bruno Gazzotti – Dupuis

La fiche relative à Seuls sera mise à jour dans les jours à venir.

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1 réponse

  1. Yann dit :

    J’ai lu l’album par petits morceaux, en prépublication dans le journal de Spirou, alors est-ce que ça change quelque chose ? Possible.

    Je n’ai pas trouvé de vrai rythme dans cet album, ni de différentes phases dans l’intrigue (comme habituellement) : la situation initiale, les péripéties, une évolution de l’histoire. On dirait un album inachevé, c’est sûrement volontaire de la part de Vehlmann pour boucler le cycle, tout en laissant beaucoup d’interrogations au lecteur.

    Les deux points positifs : le graphisme, en particulier tous la (grande) partie de l’album qui se passe dans un cadre de montages et de neige, qui est largement maîtrisé par Gazzotti.
    Enfin, la fin est la partie la plus intéressante de l’album (voire un peu trop rapide au niveau du rythme par rapport au reste de l’album). On y a une très bonne dose de suspense, et un nouveau « mystère » se pose pour le prochain cycle à venir !

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