Critique : « Ocelot » (one-shot ?)

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Références :

Il s’agit du one-shot Ocelot, le chat qui n’en était pas un, paru le 19 août 2015 chez Delcourt au prix public de 12€50. Il est scénarisé par Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël avec Agnès Fouquart au dessin ainsi qu’à la couleur.

ocelot1Résumé :

Doudou est un jeune et magnifique ocelot¹, une race de chats sauvages originaire d’Amérique du Sud. Animal de compagnie d’une jet-setteuse un peu cruche, il écume les concours félins du monde entier en sa compagnie. Mais, à l’occasion d’un transfert à l’aéroport français Paris-Charles-de-Gaulle, l’animal est finalement séparé de sa maîtresse et se retrouve à errer dans Paris. Secouru par une bande de chats sauvages, ceux-ci sont bien décidés à le ramener dans son milieu naturel.

 

Mon avis :

Notons tout d’abord qu’Ocelot est un album destiné à un public relativement jeune, je serais tenté de dire pré-ado. C’est d’ailleurs la raison de l’icône « Jeunesse » en début de critique et ce alors même que le tome n’est pas spécifiquement présenté comme tel par l’éditeur.

Bénéficiant d’un scénario relativement simple, l’album met en scène un animal peu connu du grand public : l’ocelot. Le félin est d’ailleurs l’un des points forts d’un scénario qui souffre parallèlement d’un certain manque d’originalité.

Mais scénario simple ne veut pas pour autant dire que la BD est mauvaise, loin de là. On a en effet plaisir à suivre les aventures de Doudou et de ses amis dans un Paris vu sous l’angle d’un chat. Une jolie promenade en perspective donc. De plus, la naïveté et l’humour de l’ocelot, parachuté dans un milieu qui lui est inconnu, loin des projecteurs et paillettes, plaira assurément à un jeune public.

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Pour les les lecteurs assidus de Billy the Cat, Ocelot risque cependant d’apparaître sur un plan scénaristique comme quelque chose de réchauffé. L’album est en effet un mélange entre cette superbe série BD ainsi que le film Disney L’incroyable Voyage à San Francisco, ce dernier mettant en scène des animaux de compagnie livrés à eux-mêmes dans la ville de San Francisco après avoir été perdus lors d’un embarquement aérien.

Niveau graphisme c’est un coup de cœur. Les animaux sont dessinés dans un style très cartoon et leurs visages sont très expressifs. Cela n’est d’ailleurs pas étranger au succès de certaines scènes comiques très axées sur la gestuelle des félins.

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En outre, le style d’Agnès Fouquart est très aéré, ce qui rend la lecture particulièrement fluide. Des décors parisiens fourmillants de détails viennent ponctuer la balade en nous en mettant plein les yeux. Je pense notamment à une vue en contre-plongée de la cathédrale Notre-Dame ou encore à un plan d’ensemble de la sublime galerie de l’évolution du musée d’Histoire naturelle, on s’y croirait !

Côté mise en couleur c’est dans la lignée du dessin, très cartoon. On a par exemple droit à de jolis dégradés pour les ombres ou le ciel. C’est simple mais très doux et ça correspond très bien à la fluidité du trait d’Agnès Fouquart.

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Bilan :

Sans être exceptionnelle, Ocelot est une bonne BD pour peu que vous comptiez l’offrir à une personne relativement jeune. En revanche, si vous avez plus de 11-12 ans, mieux vaut passer votre chemin car le scénario risque de vous paraître un peu trop simpliste et plus que déjà vu.

Niveau graphismes, le coup de crayon d’Agnès Fouquart vaut incontestablement le détour et ce malgré la faible originalité de l’histoire. Méfiez-vous cependant car en dépit du fait qu’Ocelot nous est présenté comme un one-shot, le final de l’album laisse dangereusement planer l’ombre d’une suite, point que je ne suis d’ailleurs pas le seul à avoir remarqué si j’en juge par les critiques qui fleurissent un peu partout sur le web.

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¹ Pour ceux qui se poseraient la question de l’adoption d’un tel animal, sachez qu’il s’agit d’une espèce protégée car en voie de disparition (déforestation et autres joyeusetés, je ne vous apprends rien). Son adoption n’est donc pas possible en France.

Si vous voulez voir un ocelot en vrai, la meilleure solution reste donc de prendre un billet d’avion pour l’Amérique du Sud ou plus simplement de vous rendre dans un zoo (ex : Beauval).

Les images d’illustration de cet article sont © Morvan – Tréfouël –Fouquart – Delcourt

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