Conseil lecture n°23 : « Quai d’Orsay », d’Abel Lanzac et Christophe Blain (deux tomes parus)

Ces deux tomes signés Abel Lanzac et Christophe Blain sont parus chez Dargaud en 2010 et 2011 et le second tome a remporté le Fauve d’or, prix du meilleur album, au festival d’Angoulême 2013. On y suit le personnage d’Arthur Vlaminck, rédacteur des discours du très surprenant ministre des Affaires Étrangères Alexandre Taillard de Vorms.

Quai d'Orsay extrait 1

Le lecteur découvre, en même temps que le jeune Arthur Vlaminck, l’effervescence permanente qui règne au 37, quai d’Orsay, mais surtout Alexandre Taillard de Vorms, le ponte des lieux. « Constamment dans une dimension parallèle », Taillard de Vorms est toujours sous tension à cause des diverses crises mondiales, graves ou moins graves, que son ministère doit gérer. Continuellement lancé à pleine vitesse dans ses réflexions et ses idées révolutionnaires, il impressionne les membres de son équipe non sans parfois les irriter. Ladite équipe est heureusement coordonnée par le directeur de cabinet Claude Maupas, homme calme, patient et toujours modéré, qui contrebalance efficacement le génial mais bouillonnant Alexandre Taillard de Vorms.

Maupas et Taillard de Vorms

Loin du cliché qu’on pourrait avoir d’une administration lente et abusant de blabla, on est ici comme dans une BD d’action, où les crises se succèdent, ne laissant aucun répit à une équipe débordée mais toujours motivée.

Mon avis :

Quand on a seulement lu le titre et lu le résumé, les trames politiques de la BD peuvent « effrayer » : soit ça va être trop compliqué à suivre, soit ce sera vulgarisé et donc faux. Ni l’un ni l’autre en vérité : tout est là, mais le lecteur n’est pas abandonné à son sort dans les méandres des prises de décision. Il est déjà bon de noter qu’Abel Lanzac connaît son sujet : en effet, de 2002 à 2004, Antonin Baudry (véritable nom d’Abel Lanzac) a lui-même été en charge de rédiger les discours de Dominique de Villepin, dont est largement inspiré le personnage d’Alexandre Taillard de Vorms. Le second tome de Quai d’Orsay est d’ailleurs centré sur la rédaction d’un discours positionnant la France contre une intervention armée au Lousdem, pays fictif accusé par les États-Unis de détenir des armes de destruction massive ; cela renvoie évidemment au discours de Dominique de Villepin contre la guerre en Irak prononcé à l’ONU le 14 février 2003.

Le dessin n’est pas en reste pour accentuer les traits caractéristiques de chaque personnage.

Arthur Vlaminck

Le frêle Arthur Vlaminck…

Claude Maupas

… le toujours calme Claude Maupas…

Taillard de Vorms

… et l’imposant, fougueux et direct Alexandre Taillard de Vorms.

Toutes ces trames et ces actions baignent néanmoins dans l’humour, toujours sans rien vulgariser.

Taillard de Vorms

On rira beaucoup de la haute estime que porte le ministre à ses confrères (et même au Président)…

Vlaminck et Cahut

… ou de la certaine camaraderie qui règne parmi les conseillers.

En résumé, une excellente BD-documentaire, à la fois drôle et instructive, que je recommande chaudement à tous, quels que soient vos goûts « habituels ». 🙂

Quai d'Orsay tome 1

(tome 1 seul)
Quai d'Orsay tome 2

(tome 2 seul)
Quai d'Orsay intégrale

(intégrale)

Et je terminerai ce conseil lecture par un conseil visionnage : la BD a en effet été adaptée en film par Bertand Tavernier, avec notamment Thierry Lhermitte dans le rôle de Taillard de Vorms, Niels Arestrup pour Claude Maupas et Raphaël Personnaz dans celui d’Arthur Vlaminck.

Jenayah


Les images de cet article sont copyright © Abel Lanzac – Christophe Blain


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