Conseil lecture de la semaine n°20 : « Les Naufragés d’Ythaq » de Christophe Arleston et Adrien Floch

D’un gradin d’or,  parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil,  je vois la digitale s’ouvrir sur un tapis de filigranes d’argent, d’yeux et de chevelures.

Des pièces d’or jaune semées sur l’agate, des piliers d’acajou supportant un dôme d’émeraudes, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis entourent la rose d’eau.

Tels qu’un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.

Rimbaud – « Fleurs » (Illuminations) [1873]

Bonjour à tous, et c’est reparti pour le poème la BD de la semaine. Cette fois-ci cap vers les étoiles avec une série BD de 11 tomes (le douzième paraîtra en septembre prochain) d’héroïc fantasy/science-fiction. Publiée aux éditions Soleil, cette série est scénarisée par Christophe Arleston et dessinée par Adrien Floch.

Résumé de l’éditeur : un luxueux vaisseau de croisière s’écrase sur Ythaq, une planète qui, curieusement, n’est répertoriée nulle part. Parmi les survivants, une jeune et intrépide astro-navigatrice, un technicien poète et une belle passagère. Traqués par d’impitoyables mercenaires, ils vont découvrir un monde médiéval où cohabitent peuples et espères aux coutumes surprenantes. Mais les naufragés sont-ils là par hasard ? Quel terrible secret se cache derrière les ors et les pourpres des palais d’Ythaq ?

Ce que j’en pense : 

Si, comme moi, vous êtes un grand amateur de ce style littéraire, vous devriez aimer la faune et la flore d’Ythaq qui sont l’une comme l’autre à la fois riches et variées. L’organisation sociale des différentes espèces contribue également à une plus grande immersion dans ce monde perdu, planète sur laquelle tout est si différent de la Terre mais aussi très enchanteur.

L’autre point fort de cette série c’est son scénario en cercles excentriques : les mystères de la planète se dévoilant petit à petit au fil des albums et des quêtes. A l’instar d’un  zoom qui diminuerait petit à petit, le lecteur entrevoit donc progressivement les réalités qui lui échappaient auparavant. Et derrière un naufrage en apparence banal se cachent finalement des enjeux bien plus obscurs, magiques et anciens.

On notera une rupture entre les neuf premiers tomes et les tomes postérieurs (ces deux groupes sont scindés en deux cycles distincts). J’ai une nette préférence pour les neuf premiers tomes, et ceux-ci n’appelaient selon moi aucune suite. Vous pouvez donc très bien vous en arrêter là (tome 9) si les pérégrinations politiques ne vous attirent pas. Une fois cet aspect dépassé, j’ai également trouvé que les personnalités des personnages changeaient radicalement entre les deux cycles. Le tome 11 semble rectifier un départ qui m’inquiétait, l’avenir nous dira si le douzième tome s’inscrit ou non dans cette même ligne scénaristique.

Le poème introductif était bien entendu un clin d’œil à Narvarth, l’un des personnages de la BD. 🙂

Veuillez m’excuser pour ce léger retard dans la parution de ce conseil lecture, le montage d’une interview dans le cadre du projet « Les Légendaires – 10 ans » m’aura totalement absorbé. Mais, grâce à la magie de l’antidatage, il m’est donc possible de poster ce conseil non pas mardi soir mais lundi en milieu d’après-midi.

Chut, vous n’avez rien lu. 😉

ythaq

South, le naufragé


Accéder aux autres conseils lecture

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.