Chronique BD du vendredi : « Broussaille »

Bonjour à toutes et tous,

Nous allons aujourd’hui nous intéresser à une série que j’apprécie tout particulièrement. Il s’agit de Broussaille.

Le personnage de Broussaille fait sa première apparition dans le journal de prépublication Spirou sous le crayon de Frank, nous sommes en 1978.

Il s’agit alors d’articles ayant trait à l’écologie et dont la parution est irrégulière. Cette première chronique se nomme « Le papier de Broussaille » :

En 1982, Bom, futur scénariste de la série, entre à la rédaction et propose le scénario de la « Chapelle au chat » [histoire courte] à Frank. C’est le début d’une grande collaboration qui conduira à l’émergence de plusieurs tomes dont Broussaille en sera le personnage principal.

Maintenant intéressons-nous à l’histoire de manière plus générale :

Qui est Broussaille ? Où vit-il et en quoi consiste la trame scénaristique de manière globale ?

Il s’agit d’un jeune étudiant habitant un petit appartement dans un quartier plutôt tranquille d’un simili-Bruxelles. Il le partage d’ailleurs avec son chat (bien que la propriétaire ait signalé à de nombreuses reprises que cela était interdit) qui se retrouvera au coeur de l’un des plus beaux tomes de la série. Dès la fin du premier tome Les baleines publiques, le héros fera également la rencontre de Catherine, jeune femme qui deviendra par la suite sa petite amie.

Outre le fait de découvrir [spoiler à surligner : une baleine] sous sa ville, il va être spectateur de phénomènes des plus déroutants tels que… Ah mais non, je ne vais pas tout vous raconter car pour cette série plus encore que pour d’autres, il est préférable de laisser la lecture dévoiler les mystères. Lire Broussaille, c’est comme si l’on effectuait un voyage à la fois très coloré et hors du commun : un pied dans le réel, un autre dans le rêve, le tout écrit et dessiné d’une manière très philosophique…

Ce dernier aspect est d’ailleurs d’autant plus vrai dans le dernier tome publié en 2003 et intitulé Un faune sur l’épaule. Aspect que nous ré-aborderons plus tard dans cette rubrique.

Anecdote : La série a été traduite dans différentes langues, et le héros ne s’appelle pas toujours Broussaille. Pour les Allemands par exemple il s’agit donc du personnage de Jonas Valentin. Ci-dessous, la couverture allemande du tome Les Baleines publiques.

Intéressons-nous maintenant aux tomes :

Le premier est donc le fameux Les Baleines publiques dont je parle depuis plusieurs lignes déjà.

La couverture française étant la suivante :

Nous pouvons voir que l’éditeur n’est autre que la maison d’éditions Dupuis. Cela n’est pas étonnant puisque Spirou est le journal de prépublication de ce même éditeur (comment ça vous n’étiez pas au courant ^^’).

Résumé : Une dépression générale frappe la ville de Broussaille, phénomène qui va de pair avec un comportement anormal des mouettes. En effet, celles-ci se rassemblent en masse pour tournoyer autour des bâtiments avant de disparaître de la circulation à la nuit tombée. Pendant ce temps, notre héros rêve de poissons aussi rares qu’inconnus. Quelle n’est d’ailleurs pas sa surprise quand il découvre le lendemain en librairie un roman présentant sur sa couverture une image de ses « cauchemars aquatiques ».

Coïncidence ou non, l’auteur de ce livre est un ancien habitant de la rue dans laquelle il habite !!! Plus curieux encore, l’étrange phénomène qui frappe la ville a déjà eu lieu plusieurs années auparavant. C’est donc en en retraçant la vie d’Auguste Petit (le romancier) que ses pas vont le guider vers une vérité cachée, à la limite du monde réel.

Nous sommes en 1987 et ce tome sera récompensé à deux reprises.

Le deuxième tome est intitulé Les sculpteurs de lumière.

Couverture de la première édition des « Sculpteurs de lumière »

Couverture de la seconde édition des « Sculpteurs de lumière »

Sur la couverture de cette première édition, les choses sont plus explicites…

Tout commence au 18e siècle, lorsque des érudits se voient obligés de mettre fin à une suite de réunions secrètes de par l’émergence d’une révolte contre les privilèges. Leur dernière action avant de se faire rattraper par leur destin et par la mort fut de placer ce qu’ils appelèrent « le treizième cristal », au fond d’un lac des plus mystérieux. Cette histoire introductive laisse place au départ de Broussaille pour la campagne. Ce dernier a en effet décidé de tirer parti de son temps libre avant les examens pour se changer les idées. Quoi de mieux, en effet, que de passer quelques jours chez son oncle et sa tante au milieu d’un paysage luxuriant ?!

Plusieurs années après sa dernière visite, le paysage n’a guère changé, à ceci près qu’une usine révolutionnaire est en construction non loin de là. Elle est d’ailleurs accueillie avec enthousiasme tant par les habitants que par les écologistes de par son respect de l’environnement. En outre, le chantier une fois achevé doit permettre de créer des emplois très attendus.

Il y a pourtant une personne à qui ça ne plaît pas : l’oncle de Broussaille. A chaque fois qu’il aborde le sujet, René (l’oncle) rentre dans une colère noire et se referme sur lui même. Que signifie d’ailleurs ses étranges recherches qu’il ne veut montrer à personne et cette phrase « Considère l’enfant » ?! Une chose est certaine, il se passe quelque chose d’étrange du côté du lac. Cela aurait-il un rapport avec les nombreux d’accidents routiers qui surviennent depuis ces derniers jours ? Un message vieux de près de 200 ans s’apprête à faire des vagues à notre époque.

Nous arrivons donc au troisième tome (de loin mon préféré) intitulé La nuit du chat. Cet album a lui aussi été primé et cela ne m’étonne pas vraiment.

Tout débute par une banale histoire : le chat de Broussaille se sauve dans la rue pendant que celui-ci est occupé à parler avec la concierge de l’immeuble. « Le chat » comme il l’appelle, est donc livré à lui même dans cet univers hostile qu’est la ville (il faut remettre les choses dans leur contexte, il s’agit là d’un chat d’appartement…). La dernière chose que peut encore faire notre héros est de se lancer à sa recherche avant qu’il ne lui arrive malheur. C’est donc avec un sac à dos contenant quelques objets sommaires que le voilà parti pour « la nuit du chat » lors de laquelle il va traverser la ville, quartier après quartier, dans l’espoir de retrouver celui qu’il aime tant. Là non plus, la magie n’est jamais très loin…

Ah l’an 2000, ses nouveautés et surtout un nouvel album de Broussaille d’un nouveau genre. Cet album intitulé Sous deux soleils porte relativement bien son nom.

Il est ici question de deux histoires indépendantes autour de notre héros. Deux histoires qui vont le mener sous deux soleils différents, la première au pays du soleil couchant, « le Japon », et l’autre en « Afrique » où vit une partie de sa famille.

Le premier voyage se fait en compagnie de Catherine (la petite amie de Broussaille). En jouant « plus pour le fun qu’autre chose » à un concours réalisé par de la nourriture pour chat, les voilà heureux gagnants d’un voyage pour l’autre bout du monde. Ce qui démarrait au début plutôt bien termine en recherche mutuelle. En effet, les voilà séparés l’un de l’autre dans cette grande ville qu’est Tokyo. Je tiens à préciser qu’à cette époque, les téléphones portables n’étaient pas aussi répandus que cela peut l’être aujourd’hui.

Chacun des deux visite donc les lieux que l’autre aurait visité. Mais est-il possible de se croiser en employant cette méthode ? Ce qui est sûr, c’est que l’on comprend que Frank profite de cette visite croisée de la ville pour nous faire découvrir des paysages époustouflants de réalisme et de poésie.

Le deuxième voyage intitulé « Sandrine des collines » entraînera Broussaille au Burundi dans son cercle familial (je vous laisse chercher l’emplacement sur Google Earth). Vous vous souvenez de l’oncle René ? Mais si, l’oncle de Broussaille dans Les sculpteurs de lumière ; eh bien, vous ne le saviez peut-être pas, mais celui-ci a un frère habitant au Burundi avec sa femme, son fils et sa fille adoptive. Cette histoire est également l’occasion pour nous d’y découvrir la grand-mère de notre héros. Broussaille est en réalité envoyé par René pour tenter de raisonner Édouard (son autre oncle donc) pour éviter à sa grand-mère de terminer sa vie dans une maison de retraite. Car il faut savoir que René et Édouard ne s’entendent pas vraiment à ce sujet…

Je pense qu’il est bon de noter que pour Sous deux soleils, le nom de Frank vient s’ajouter à celui de Bom au scénario.

Je vous parlais plus haut d’une lecture « un pied dans le rêve, un pied dans le réel ». Voilà donc l’exception qui confirme la règle. En effet, Un faune sur l’épaule (album entièrement réalisé par Frank) ne présente pas véritablement d’histoire à part entière. Il s’agit une fois de plus d’une « excuse » pour aborder des thèmes philosophiques en compagnie d’un nouveau personnage : un faune.

Nous sommes désormais en 2003, date de parution du dernier tome de Broussaille à l’heure actuelle. Je remarque que du titre Un faune sur l’épaule on passe à une couverture qui évoquerait plus « Sur l’épaule d’un faune ». A se demander lequel des deux est véritablement le faune de l’histoire…

Auparavant ont aussi été regroupés l’intégralité des « Papiers de Broussaille » dans un tome inédit à tirage limité.

La source est également un album inédit, lui aussi tournant autour du faune et nous présentant une histoire complète, mais je ne m’attarderai pas là-dessus.

Si je devais noter la série (ce que je ferai à l’avenir dans la fiche) je lui donnerais la note de 5/5 car il s’agit là de l’une de mes séries favorites dans le domaine de la BD franco-belge. J’espère par cette rubrique vous avoir donné l’envie de feuilleter cette série si vous en avez l’occasion. Je tiens à préciser que les dates de parution étant anciennes, outre les librairies spécialisées, les commandes internet ou encore les bibliothèques, il vous sera difficile de tomber dessus… Mais cela vaut vraiment le coup !!!

A vendredi prochain pour une autre rubrique de ce type,

South

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L’intégralité des images de cette page sont copyright Dupuis-Bom-Frank.

Cette rubrique a été réalisée en s’appuyant sur les albums mais également sur le fansite du dessinateur de la série, disponible ici (qui m’a surtout aidé pour les dates).

Certaines images sont issues du site fnac.com (les couvertures) ou encore d’ybocquel.free.fr


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