Rapport de l’ACBD 2013 et aides de l’Etat français à la Presse pour 2012

SouthBonjour à tous, premier article de 2014, bonne année à tous.

Qui dit fin d’année dit bilans et rapports ! Et justement, deux d’entre eux me semblent intéressants :

Le premier c’est tout d’abord le rapport « 2013- L’année de la décélération » publiée par l’ACBD, c’est à dire l’association de critiques et de journalistes de bande dessinée. Celui-ci étant fort bien résumé, dans sa première partie, je vous en communique le résumé en l’état :

« Dans un contexte économique et social complexe et morose, les différents acteurs du 9e art ralentissent un tant soit peu leur offre éditoriale : pour la première fois, depuis au moins 17 ans, la production d’albums de bande dessinée, qui reste pourtant encore très abondante et diversifiée, a diminué. Arrivé à maturité depuis plusieurs années, le secteur livre du 9e art se concentre et trouve, quand même, un équilibre entre dynamisme et vigilance ou innovation et prudence : d’autant plus facilement qu’il s’appuie sur plusieurs locomotives traditionnelles qui sont de retour, Astérix en tête.

I. Production – Tout en conservant une constante multiplicité des genres et des publics, l’offre de bande dessinée marque le pas : 5 159 livres de bande dessinée ont été publiés en 2013 (dont seulement 3 882 strictes nouveautés) – soit une diminution de 7,3 %.

II. Édition – La production et l’activité du secteur sont toujours dominées par 4 groupes de plus en plus puissants qui totalisent 43,7 % de la production — contre 44,9 % en 2012 —, alors que 332 éditeurs ont publié des bandes dessinées en 2013 (contre 326 l’an passé).

III. Évaluation – Boosté par le nouvel Astérix, l’économie de la bande dessinée, dans son ensemble, fait partie des secteurs du livre qui résistent le mieux à la crise ; même si le tirage de ses 117 titres bénéficiant de fortes mises en place est encore en baisse.

IV. Traduction – L’Asie et les États-Unis – avec, respectivement, 1 555 et 461 nouveaux titres – sont toujours les principaux pourvoyeurs du marché de la BD francophone : l’un des plus ouverts aux productions étrangères avec 2 257 nouvelles bandes dessinées traduites.

V. Réédition – Relativement porteur et qualitatif, le secteur patrimonial accueille encore 880 nouvelles éditions ou intégrales : 189 de moins que l’an passé, alors que 189 titres datant de plus de 20 ans sont proposés en album pour la première fois.

VI. Prépublication – Comme le reste du secteur presse en kiosque, celui de la bande dessinée subit de plein fouet la concurrence des nouvelles technologies, malgré la diffusion, en 2013, de 76 revues spécialisées et de 14 séries de fascicules.

VII. Mutation – Le passage à la bande dessinée digitale reste toujours marginal, malgré de nombreuses initiatives d’auteurs, de diffuseurs ou d’éditeurs.

VIII. Création – Selon des critères mis en place depuis 11 ans, 1492 auteurs réussiraient à vivre de la création de bandes dessinées sur le territoire francophone européen ; par ailleurs, 1678 personnes ont publié au moins un album en 2013.

IX. Adaptation – Si les œuvres réalisées à l’origine pour d’autres médias alimentent régulièrement les nouveautés du 9e art, à l’inverse, 10 bandes dessinées francophones ont donné lieu à des longs métrages diffusés au cinéma.

X. Information –  L’existence de 13 revues papier et 32 sites spécialisés, en 2013, prouve l’intérêt insatiable du lectorat envers l’information, l’histoire et la critique de bande dessinée.

XI. Manifestation – Il y a de plus en plus d’événements organisés autour de la BD sur le territoire francophone européen : 514 en 2013 (contre 489 l’an passé). »

– © Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) ; sachant que Manuel Picaud s’est occupé de l’édition numérique, des sites Internet consacrés au 9e art et des festivals invitant des auteurs BD, tandis que Raphaëlla Barré s’est penchée sur les blogs bandes dessinées. 

L’intégralité du rapport et ses annexes est disponible ici  (je vous le recommande chaudement). L’histoire ne dit cependant pas si Ederweld fait ou non partie des 32 sites BD recensés :/

LargoWinch

Largo Winch © Van Hamme – Francq – Dupuis

Le second rapport émane du ministère de la culture (France). Il y dresse la liste des 200 titres de presse ayant reçu des subventions de l’Etat pour l’année 2012 ainsi que le nombre d’exemplaires diffusés dans l’année.

Le journal de Spirou, magazine hebdomadaire de prépublication BD, se classe ainsi 172e/200 avec une diffusion de 2 822 736 exemplaires en France pour l’année 2012 et une aide de l’Etat français de l’ordre de 194 462 €, soit 0,0689 € par exemplaire. A titre de comparaison, le Monde, premier média de la liste touche une aide de 18 685 441 d’euros et le 200e de 158 925€. Je ne rentrerai pas plus dans le détail mais je vous invite à aller éplucher le rapport si cela vous intéresse.

NB : La date de 2012 n’est pas une erreur, c’est bien le dernier rapport publié (13 décembre 2013). Je tiens à souligner le fait que je ne porte aucun jugement sur les différentes aides accordées.

Remarque : Je ne prends l’exemple de Spirou que parce qu’il est, à ma connaissance, le seul magazine BD de la liste (Je ne considère pas le Journal de Mickey comme en étant un).

South

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