D) La Marelle

[Attention : pour la partie qui va suivre, je ne m’intéresse aux textes religieux que pour leur portée littéraire et non religieuse. En aucun cas je ne me positionne en faveur de ou contre l’un ou l’autre. Merci de votre compréhension.]

[Avertissement : conformément à la règle 6 de notre règlement, nous ne sommes pas responsables des liens extérieurs que nous proposons. Cette page faisant allusion à des références religieuses, l’interprétation des textes d’origines dépend de leur lecteur. Je n’évoque certains points développés sur des sites extérieurs que parce qu’ils peuvent permettre d’apporter un plus à l’analyse que l’on fait de la BD. Bonne lecture.]

Souvent présente dans les cours de récréation, la marelle est un jeu des plus élémentaires. Il consiste à tracer des cases numérotées à la craie sur le sol et à avancer à cloche pied après avoir lancé un caillou. La marelle se compose de dix cases, huit cases numérotées de 1 à 8 et deux cases spéciales : le ciel et la terre. Le joueur débute de la terre pour atteindre le ciel.

marelle

(tome 6, page 5, case 10)

Une marelle est présente dans Seuls. Un caillou blanc posé sur la deuxième case de ce jeu nous renseigne sur l’endroit où sont coincés les enfants. Ainsi, se fier au caillou prouverait que les enfants ne sont ni au ciel ni sur la terre ; il s’agirait donc d’un « entre-deux ».

Lorsque je me suis intéressé à la tradition catholique pour la rédaction de cette fiche, j’ai constaté que l’accès au paradis n’était pas automatique et qu’il fallait passer par une étape nommée purgatoire. Néanmoins, si le nom même de purgatoire est couramment utilisé de nos jours, nous n’en connaissons que rarement les étapes.

Comparées par certains aux échelons de l’échelle de Jacob, les étapes sont au nombre de 6 ! Oui, il y a effectivement huit cases sur la marelle, mais les cases jointes devant être passées pieds écartés, nous considérons qu’il s’agit à chaque fois d’un échelon. Ainsi, il y a donc bien six niveaux et un septième pour le ciel. Nous partirons donc du postulat que la terre = la case numéro 1. (source principale : http://eschatologie.free.fr/heuremort/8purgatoire.htm#_ftn10)

              1. La vie terrestre – avant la grande disparition –
              2. Les limbes – présence du caillou –
              3. L’apparition du Christ
              4. La pénitence de l’âme
              5.  L’attente de l’âme désireuse d’être proche de Dieu
              6.  Le parvis du ciel
              7.  Le paradis

Les enfants étant bien dans les limbes (ce que dit Alexandre à la dernière page du tome 5), la présence du caillou sur la case 2 de la marelle semble donc cohérente.

Certains sites (source principale : http://www.ledifice.net/7218-2.html) vont jusqu’à faire un parallèle entre les 15 psaumes graduels, chants hébreux récités par les pèlerins à l’occasion de la montée des 15 marches d’accès au temple de Jérusalem et la montée au ciel. Pour de tels auteurs, il existerait 8 échelons supplémentaires après le parvis du ciel. Cela est discutable. Je me permets cependant d’aborder ce détail car le chiffre 15 présente un symbolisme tout particulier dans Seuls. 15 familles, 15 étapes… pourquoi pas, après tout ?

Le seau de peinture blanche présent sur la droite nous indique que la marelle a été dessinée récemment. De plus, la couleur blanche étant celle des premières familles, il y a fort à parier qu’Alexandre soit à l’origine d’une telle inscription.

 

South


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