C) La théorie des projections

La théorie des projections est une théorie mise en avant conjointement par ce site et le groupe de fans « Les limbologistes ». Cette théorie est le résultat d’une étude approfondie des tomes. Au cours de cette page, je tenterai de vous en apporter les clefs de réflexion que nous pensons avoir identifiées.

Cette théorie consiste à dire que les limbes sont le produit des enfants qui y sont présents. Pour bien comprendre de quoi il est question, je vous propose le schéma suivant :

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Montage by South pour Ederweld.fr

Sur cette image, il y a tout un tas d’éléments : des immeubles, des véhicules et des animaux (Bijou et le requin). Nous étudierons chaque cas de figure au fur et à mesure.

Pour l’heure, partons du postulat que chaque enfant coloré génère individuellement les éléments désignés sur ce schéma par la même couleur que lui. Nous obtenons donc un monde global, somme de toutes ces individualités. Cela rejoindrait donc les propos d’Yvan tome 3, page 3.

a) Terry et le fantôme

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(page 24 du tome 5)

Cette bulle de Terry peut selon nous être interprétée de deux façons. Ou bien l’on considère que le drap est une allusion à sa mort (voir fiche relative à ce personnage), ou bien l’on considère que le fantôme fait allusion à l’enfant miroir (non encore présenté officiellement aux personnages). Nous penchons pour cette deuxième interprétation.

Point troublant, Terry est le premier à voir l’enfant miroir ; or, le détail des cheveux blancs n’aura pas échappé à Jules qui pour sa part considère l’enfant miroir comme une pensée horrifique du personnage présent à la TV dans le tome 1 :

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(tome 1, page 6)

On peut donc conjecturer le fait que, si les pensées des enfants érigent l’apparence des limbes, leurs peurs peuvent elles aussi les modifier.

Cela me fait par ailleurs penser à deux œuvres qu’il me semble intéressant de mettre en parallèle.

La première n’est autre que L’Odyssée du passeur d’Aurore, l’un des tomes de C. S. Lewis issu des Chroniques de Narnia. Il y est fait mention de l’île obscure, lieu où les pensées les plus terrifiantes peuvent devenir réalité.

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Ainsi, penser à un dragon des mers contribue à le matérialiser… avec tous les inconvénients que cela peut occasionner.

 

La seconde œuvre n’est autre que le premier Ghostbusters, film datant de 1991. L’ennemi principal, Gozer, prend ainsi la forme de ce qui fait le plus peur aux héros : le bibendum chamallow.

b) Le Maître et Lucie

Un indice majeur nous fait comprendre que Lucie n’existe pas dans la BD en tant qu’être humain de chair et de sang : son apparence !

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Dans la première image, Lucie est présente sur une photo antérieure à la grande disparition. Elle est métisse et a les cheveux crépus.

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Mais, dans les évènements de la BD, l’enfant a les cheveux raides et la peau plus blanche. Il convient donc de noter que la Lucie de la BD n’est pas la même que celle de la photo. Selon nous, il s’agit d’une image déformée de ce qu’était Lucie autrefois. Les souvenirs du maître des couteaux semblent donc flous à tel point que la représentation qu’il s’en fait est erronée.

Quoi qu’il en soit, il semble donc possible de projeter des êtres humains (enfant violet sur le schéma).

c) Projections animales

La réapparition du requin dans Fortville, à proximité de Saul (page 31 du tome 5) semble accréditer l’hypothèse selon laquelle l’animal serait la projection de Saul.

De même, le chien du voisin de l’école de Camille semble être son apport aux limbes. Elle était en effet la seule à le connaître avant la nuit de la « grande disparition ».

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Il est également possible de poser l’hypothèse selon laquelle Dodji serait à l’origine du tigre, de Bijou et des singes. Si l’on se fie à la cause probable de sa mort, il semblait en effet se trouver au cirque lorsque tout a commencé.

d) Les projections collectives

La question qui se pose en pareilles circonstances est : qu’advient-il des projections si leur « projecteur » meurt ? Disparaissent-elles ? (cas de l’absence d’enfant vert sur mon schéma)

Si la logique nous pousserait à répondre que oui, une autre éventualité semble être envisageable. La mort de Saul et le récit qu’il dresse durant le tome 5 de sa revanche sur le requin en est la preuve : ce dernier était vivant alors que Saul ne l’était plus.

Cela peut selon nous s’expliquer très simplement : la théorie des projections collectives. Ainsi, une fois qu’un élément est matérialisé dans les limbes, il est perçu des enfants qui l’approchent. Ledit élément devient donc la réalité à part entière !

De ce fait, si le « projecteur » venait à mourir, la projection survivrait au travers de ses observateurs (les enfants en rouge, jaune, bleu turquoise et violet sur mon schéma).

e) Enfants, projections et interactions

Les projections étant matérialisées dans la réalité collective des limbes, elles peuvent donc interagir avec tout enfant s’y trouvant. C’est le cas par exemple de Lucie tome 4 (sauvée par les enfants de Fortville) mais aussi de l’enfant miroir qui attaque Dodji à la fin du tome 7.

f) La possession d’une projection par une famille

De par le passage de l’enfant miroir dans la 9ème famille (voir la fiche du personnage), on peut donc dire qu’une possession par une famille est possible concernant les projections.

g) Yvan au cœur de toutes les projections ?

Récemment, un détail a attiré mon attention. En repartant de la page 3 du tome 3 et de l’hypothèse selon laquelle tout ce qui l’entoure serait le pur produit de son imagination, plusieurs cases peuvent éventuellement prendre un autre sens à commencer par la case 1, page 3, tome 1.

On y voit plusieurs amis d’Yvan l’accompagnant après ce qui s’apparente à une journée d’école ordinaire :

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Oui, sauf que les enfants de Fortville sont étrangement similaires à ses amis vestimentairement parlant (Leïla portant un haut de la même couleur que celui de la femme de ménage d’Yvan) :

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Même si on voit bien un prologue introductif avant la « Grande disparition », on peut s’étonner de cette comparaison troublante et ce d’autant plus qu’Yvan introduit le tome 1. Colorisation volontaire ou manque d’inspiration ?

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Dans le tome 9, pages 13 et 14, Yvan et Anton évoquent l’existence de cette théorie en la nommant « L’inconscient collectif ». Si la véracité des points évoqués précédemment reste encore à prouver, il semblerait en revanche que le concept même d’un univers généré par les individus qui y évoluent soit avéré. 

South


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