Jean-Claude Fournier

 (1943-Aujourd’hui)

Dessinateur, scénariste et coloriste des séries : Bizu et Spirou notamment.

Photo de l’auteur :

JCF

 

 

 

 

Jean-Claude Fournier est né le 21 mai 1943 à Paris. Il grandit à Saint-Quay-Portrieux dans les Côtes-d’Armor en Bretagne.

Grâce à sa grand-mère et à son père, il se lie avec la culture bretonne : les contes et légendes, la musique. Effectivement, Fournier est un joueur de biniou et ce depuis très longtemps.

C’est aussi un passionné de théâtre ; au moment du choix de carrière il choisira le dessin. Tirer un trait sur le théâtre a été un moment triste.

C’est en 1966 qu’il présente son travail à la rédaction de Spirou. Un an plus tard, il rejoint officiellement l’équipe de Dupuis. Bizu est sa toute première œuvre.

En 1968, Franquin « bouffé » par la série Spirou et désireux de se consacrer pleinement à Gaston signe ses dernières histoires : Panade à Champignac et Bravo les Brothers.

Au même moment, Dupuis convoque Fournier afin de faire un point. Et là, stupeur : une opportunité unique se présente, celle de reprendre Spirou.

Rationnel et prudent comme toujours, Fournier bien que séduit par cette idée préfère en parler à André son ami et maître de BD. Franquin lui, désapprouve cette proposition. Fournier ne sait pas dans quoi il s’embarque…

Mais notre dessinateur breton a grandi avec les aventures créées par Franquin, il a vu se développer les personnages et l’univers du groom. Pour lui, Spirou est comme un grand frère.

C’est en 1970 qu’il lance Le faiseur d’or. Fidèle à lui même, il incorpore de la tendresse de la poésie et aussi une part de légende.

Légende bretonne évidemment, ainsi en 1977 Spirou et Fantasio rencontrent l’Ankou, créature folklorique bretonne. Signalons aussi au passage que le titre L’Ankou a été traduit en breton.

Des haricots partout sera le dernier titre, la fin d’un cycle. Succéderont Nic et Cauvin.

Cette époque a amené à notre Breton un grand prestige.

Fournier de son côté, peut enfin se consacrer pleinement à Bizu et Schnockbul. Tous deux connaîtront six longues aventures avant de quitter la scène en 1994.

Après quatre années « creuses », les crayons et les pinceaux se posent à nouveau sur le papier. Il travaillera de concert avec Benoît Drousie alias Zidrou sur une série baptisée Les Crannibales.

Cette série paraîtra comme les précédentes dans Spirou. Le style graphique est radicalement différent, plus « coupé, anguleux » les expressions du visage plus recherchées.

Enfin en 2008 avec Lax, il réalise Les chevaux du vent. Pour la première fois, on touche à une BD dont le trait est réaliste.

Fournier reste encore en ce moment toujours très occupé. Il songe à tirer de leur profond sommeil ses héros bretons.

Mais Fournier, c’est aussi l’équivalent français de Franquin. Il n’a jamais oublié ce que le papa de Gaston lui a enseigné, transmis, les bons moments passés ensemble.

Et Jean-Claude fera profiter un très grand nombre de dessinateurs, ouvrant grand ses bras et les portes de son atelier aux artistes. Et leur transmettra avec une patience et une gentillesse infinie ce qu’il a appris. Aujourd’hui encore, bon nombre de dessinateurs le tiennent en haute estime.

Avant d’être un « dessinateur de renom » Fournier c’est aussi quelqu’un de « profondément humain ». Il est gentil, généreux, bon vivant, patient, précis et rigoureux mais aussi ronchon, capable de formidables coups de gueule qui n’ont rien à envier à ceux du Capitaine Haddock.

Si vous passez un jour au festival « Quai des Bulles » de Saint Malo ou à Saint-Quay-Portrieux, que vous voulez lui dire « bravo m’sieur Fournier ! » surtout n’hésitez pas. Vous verrez que vous risquez de passer ensuite un excellent moment.

Ce conteur d’histoires a le cœur sur la main et sait raconter de belles histoires avec des philosophies. Pas de «grands méchants » comme Choc, Olrik ou tant d’autres, non jamais. Et jamais de guerres, de morts dans ses œuvres. Il en faudrait plus souvent des comme ça.

Pour refermer ce chapitre : on connaissait Yvan Delporte « L’Homme à la barbe légendaire », on peut en dire de même pour Fournier, ce grand et tendre géant barbu et au regard bienveillant derrière ses lunettes.

Eyaël


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Photo de l’auteur © DM éditions